Les one-man labels qui tiennent le pavé plus de 10 ans sont des spécimen assez rare dans le monde du T-shirt indépendant. En France, elles se comptent sur les deux doigts de 2 mains et Coontak en fait partie. Développant un univers rock / moto / rétro unique en son genre, la griffe bordelaise a su traverser les âges et les modes en restant fidèle à son ADN. Non loin des plages landaises que Laurent – fondateur émérite – affectionne tant pour leur paysage que pour les vagues qu’on y trouve, la marque fait désormais partie du paysage local, dont elle s’inspire allègrement à travers les différentes collections.

On a Interviewé Coontak ! - Visuel 1

Pour souffler les 10 bougies de cette aventure aux parfums de pin, d’huile de moteur et d’embruns marins, nous avons posé quelques questions au maître des lieux, qui nous a répondu avec transparence et naturel, comme tous ceux qui se prêtent au jeu ici (ce dont, on doit le souligner, on est très fiers !). Nous avons donc mis de côté la racle, l’encre et le coton le temps d’un petit retour sur ces 10 années passées. L’occasion pour toi lecteur de (re)-découvrir ce label désormais incontournable. Et pour toi, l’altruiste, de décoder les perches qui sont tendues.


Salut Laurent. Tu faisais quoi avant de lancer Coontak ? 

Alors, j’étais directeur artistique dans le marketing opérationnel, sur des budgets de grande consommation comme : Ccoa-cola, Nivéa, Saab, Mc Cain, Badoit… donc des marques fortes avec des contraintes d’image et des axes de communication très orientés, trop ciblés ; il fallait plaire à la ménagère de moins de 55 ans ou aux CSP+. J’ai commencé à me lasser de devoir produire des créations lisses ou trop évidentes.

Tu as été l’un des premiers à lancer une griffe mixant les cultures « motor, skate & surf » en France. Quelles sont tes inspirations ? 

Ben ça s’est fait naturellement, par ordre chronologique au fil des découvertes de la vie. A l’école je m’ennuyais terriblement, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi nous devions passer notre temps à calculer des temps de trajet de train, ou bien encore des histoires de baignoires qui se remplissent au goutte à goutte… Je rêvais de chorégraphies en skateboard, de figures de l’impossible ! Je trouvais le monde adulte fade et sans intérêt.

On a Interviewé Coontak ! - Visuel 2

Pour revenir à mes inspirations elles viennent de la rue, de la peinture, de l’art en général. J’adore par exemple les graphismes de mes 1ers skateboards ! Il y a dans le skate, un goût très fort pour le corrosif, le décalé, la satire. Quasiment tous les artistes avec qui nous collaborons ont adoré la skate culture de Jim Philipps chez Santa Cruz, ou bien encore les Powel Peralta et ses graphismes à tête de mort. Il y a dans le skate, l’esprit de contestation envers le monde adulte figé et contraignant !

La marque fête sa dixième année !!! Comment expliques-tu une telle longévité ? 

Et bien par l’obstination, voir même par l’acharnement ! Mais c’est toujours un plaisir de réfléchir et de concevoir des modèles avec des artistes. La création est un jeu que l’on peut sans cesse réinventer : trouver des idées, fouiller (…), c‘est la partie réjouissante du métier !

Tu n’as pas peur d’avoir fait le tour ? Comment arrives-tu à te renouveler ? 

Non je ne pense pas avoir fait le tour ! Je pense avoir juste commencé à aborder pas mal de sujets de la culture ride ou populaire, mais il en reste encore plein ! Si j’avais plus de moyens pour financier mes collections, il y aurait certainement 2 ou 3 fois plus de modèles par collection.

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Si tu pouvais revenir en arrière, que ferais-tu différemment ? 

Je prendrais un associé dans le secteur de la distribution, car c’est un vrai métier à part entière. Hors, moi ce que je préfère, c’est vraiment la partie créative : communication, photo, vidéo, stylisme, prototype avec les usines…

Tu as déjà collaboré avec des grands noms de l’illustration comme Mc Bess, Ian Macarthur, Cuypi (…). Comment choisis-tu tes collaborations ? 

Je ne choisis pas les artistes parce qu’ils sont connus, je choisis les artistes pour leur style ou ce qu’ils font passer dans leurs créas. Par exemple, j’ai travaillé avec NIKIBI bien avant qu’il ne travaille avec d’autres marques et médias plus importants. J’adore également le style de Tyler Warren pour ses peintures à l’huile très figuratives aux teintes pastel; tout comme j’adore le style déglingué et crado de Max Paternoster pour les jours plus rock’n’roll. Voilà, mes goût sont éclectiques et ça ressort dans Coontak !

On a Interviewé Coontak ! - Visuel 4

Un bon T-shirt pour toi, c’est quoi ?

Un message ou pas, une belle composistion, des couleurs harmonieuses.

Ton Best-seller, le modèle le plus vendu de l’histoire de la marque ? 

C’est le modèle Medusa : ce T-shirt fascine les gens avec cette représentation de la gorgone, créature malfaisante, dont le regard a le pouvoir de pétrifier la personne qui la regarde.

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Quel bilan tires-tu de cette expérience, 10 ans après ? 

Un enrichissement personnel fort, des émotions intenses à chaque sortie de collection, mais aussi des tracas pour continuer à produire nos collections.

Et ou tu vois Coontak dans 10 ans ? 

Avec un vrai réseau de distribution, mais toujours indépendant. Une gamme plus étoffée : des chemises, des blousons, des objets de déco…

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Une marque de T-shirt sur laquelle tu souhaiterais en savoir plus et qu’on devrait absolument interviewer ?

Sans hésiter : Sixpack et The Critical Slide Society !

Pour finir, comme on te sait grand amateur, ton préparateur de moto préféré ? 

Mes préparateurs de moto préférés sont ED. Turner Motorcycles, El Solitario ou bien encore Cherry’s Company.

On a Interviewé Coontak ! - Visuel 7


High five Laurent pour le précieux temps accordé. Pour en savoir plus, vous pouvez consultez nos précédentes publications consacrés à la marque sur notre magazine. Sinon, rendez-vous dans quelques jours pour une review complète de la nouvelle collection SS16, d’ores et déjà disponible sur le shop de Grafitee. RRRrrr.